Le défi de l'oisans version 1991 !

Publié le par Arnaud Mantoux, SMAG

J'ai sollicité il y a quelques semaines Philippe DELACHENAL à propos du 1er Défi de l'Oisans. Le résultat est ci-dessous.Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens à la lecture de ce texte. Je crois que les origines du trail sont là.



DEFI DE L’OISANS NON STOP 1991 : édition 0

 

Ce fut une année chargée puisque dès le mois de juillet, nous avons peaufiné notre préparation :

 

Le 1er juillet : petit chrono à Montlambert au-dessus de saint jean de la porte, nous terminons ensemble les 550m de de D+ en 27 minutes, puis le lendemain matin, nous quittons Chamonix que vers 10H30 pour s'attaquer au TMB en 2 jours, nous arriverons à Entrêves (au-dessus de Courmayeur) à la tombée de la nuit, environ 12 H pour cette 1ére étape, puis nous repartons d'Entrêves vers 9H le lendemain matin pour arriver 13h plus tard à Chamonix, le tour est bouclé en 2 jours et 25H de course enneigée, je me souviens que la neige était encore bien présente.

 

Nous nous reposons le jeudi 4 juillet pour mieux préparer la grimpée au Mt Blanc du lendemain. Départ 6H du bureau des guides en petite foulée, direction le tunnel du Mt Blanc, puis l'ancienne gare du télé de l'Aiguille du Midi, juste avant d'attaquer le glacier des Bossons en petite foulée avec nos chaussures à pointe, arrêt de 15' au refuge des grands mulets et ça repart en direction du petit et grand plateau, nous doublons toutes les cordées, nous arrivons au refuge Vallot en 4H30, puis au sommet en 5H15, 10'd'arrêt, c'est tellement beau (photos) puis c'est une descente assez rapide, un peu à la Smagghe, on saute au-dessus des crevasses, et gare aux ponts de neige...8H30 plus tard c'est l'arrivée au clocher de l'église de Chamonix, fatigué certes mais pas épuisé, Laurent bien sûr est loin de ses meilleurs chronos en 5H30,mais très heureux pour moi du temps réalisé, c'est donc bien parti pour préparer notre défi de l'Oisans, Les 10 000m de dénivelé de Champagny, la 6000D, puis un tour des Glaciers de la Vanoise en 13H30 peaufinèrent notre préparation, et c'est le grand rendez-vous du weekend end du 24 et 25 août 1991:

 

Le rendez-vous est à Villard d’Arène le samedi 24, finalement nous ne sommes que 3 coureurs, Laurent, Philippe et un triathlète dont le prénom m'échappe, je crois bien que son nom était MALLET et son prénom Christian, nous partons en petites foulées à 6h du mat, aucune assistance sur la 1ére partie, IL FAIT SUPER BEAU, le 1er col d'arsine est montée en petites foulées, redescente rapide sur Monetier les Bains, tout va bien, puis c'est Vallouise ou nous décidons de faire une pause pique-nique que nous achetons sur place, nous repartons. Christian Mallet fatigué décide de s'arrêter, nous perdons presque une heure, puis c'est la longue montée en direction de l'Aup martin, petite baisse de régime, mais tout revient dans la descente.

Nous sommes donc dans la descente en direction de pré Chaumette, puis la remontée des cols de la Valette et de Vallonpierre, je me souviens de ces immenses espaces sauvages sans âme qui vive, à cette époque et de plus en fin d'après-midi, début de soirée, nous étions absolument seuls dans nos montagnes de l'Oisans, il fait nuit lorsque nous arrivons au refuge Xavier Blanc, ces derniers nous ont préparé un super repas qui fait du bien, une bonne heure de pause avant de repartir par une bonne portion de route facile vers la Chapelle en Valgaudemar au km 90 environ, et là nous retrouvons notre 1ére assistance en la personne du papa de laurent qui est venu spécialement de Grenoble avec sa 2CV, nous pouvons changer de tenue pour attaquer cette 1ére nuit, nous avons la pleine lune, c'est majestueux, je me souviens d'une très longue montée qui n'en finissait plus et sans vraiment progresser en altitude, 2éme baisse de régime, laurent est un peu devant, nous arrivons à ne pas nous perdre de vue grâce à la lune, descente un peu douloureuse à cause du mal de pieds, je devais avoir des Nike pas habituées à courir et marcher aussi longtemps, au lieu-dit le désert, nous retrouvons papa Smagghe, Col de côte belle, redecente sur Valsenestre avant d'attaquer au petit matin la phase finale du col de la Muzelle et c'est au refuge que nous prendrons un super petit déjeuner, belle descente sur Bourg d'Arud, avant d'attaquer notre 2éme portion de route en direction de Bourg d'Oisans avec toutefois alternance de sentiers plus ou moins balisés et de macadam, des accompagnants viennent à notre rencontre et essayent de nous accompagner, mais notre allure est soutenue, un journaliste vient aussi à notre rencontre, ravito à bourg d'Oisans et c'est la difficile montée vers Huez, il refait chaud et la montée nous semble difficile au début puis très longue jusqu'au col de Sarenne, il doit rester environ 30km, mais nous avons l'impression d'avoir fait le plus dur, le temps est toujours aussi beau, la nuit commence à tomber et il va falloir courir une partie de la 2éme nuit, à part mes pieds douloureux tout semble rouler, laurent comme souvent part devant et je le suis à distance, mais je m'offre le luxe de le rattraper dans la montée du col du Souchet avant de le laisser filer dans la longue descente sur la grave, nous finissons ensemble par la route et quelques raccourcis la remontée sur Villard d'Arêne, il fait nuit il doit être 23H et un comité d'accueil est présent avec il me semble me souvenir quelques noms prestigieux du massif de l'Oisans et bien sûr le papa de Laurent, nous rentrons le soir même sur Grenoble puisque je reprends mon travail aux Roches de Condrieu dès le lundi matin, j'ai pu prévenir que je risquais d'être un peu en retard pour l'ouverture du bureau, bien sûr personne n'était au courant de notre aventure montagnarde et la vie quotidienne a très vite repris le dessus surtout concernant le travail, quant à laurent il a dû écrire quelques lignes de cette belle aventure et pensais dès l'année suivante à organiser le 1er défi de l'Oisans mais cette fois ci par étapes

 

Philippe DELACHENAL http://www.couriretdecouvrir.fr/

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